Mardi 3 Septembre
Ce matin, nous allons naviguer sur le Lac Titicaca pour rejoindre les îles Uros.
Pour rappel, en plus de son nom, le Lac Titicaca est notable car c'est le lac navigable le plus haut du monde (3810 m) et sa superficie est de 8559 km², soit 15 fois le lac Léman !
Entouré de montagnes enneigées que l'on discerne dans le lointain, ce lac, qui fut sacré pour les
Incas, le reste d'une certaine manière : les indigènes qui y naviguent jettent dans ses eaux 2 feuilles de coca en forme d'offrande au dieu. Le Titicaca « puma de pierre » en aymara du fait de sa vague forme féline est le lit où naquirent Manco Capac et Mama Ocllo, couple légendaire fondateur de la dynastie des Incas.
La formation de cette mer intérieure reste un mystère propre à alimenter et maintenir vive les
légendes et les croyances. Les eaux du lac, claires, froides (9°c!), profondes (max 282 m), sont
menacées d'un grave péril apparu sous la forme d'une lentille d'eau qui, née de la pollution, est en train de tuer faune et flore aquatiques en tissant un tapis imperméable pour les rayons solaires. A ce jour, nul ne sait d'où est venu ce fléau qui se nourrit des déchets déversés par les humains dans les eaux ni comment le combattre.
La légende du lac Titicaca : il y a très longtemps, le lac Titicaca était en fait une vallée fertile,
peuplée d'hommes paisibles et heureux : un véritable paradis terrestre. On ne connaissait ni la mort, ni la faim, ni la haine, ni l'ambition. Les Apus, dieux des montagnes, protégeaient ce petit monde merveilleux... à une condition : que personne ne tente d'escalader les montagnes jusqu'au sommet, là où brûle le feu sacré. Les habitants se gardèrent bien d'enfreindre cette loi pendant un temps si long qu'il se perd dans les mémoires des anciens. Mais les esprits obscurs, qui toujours s'échinent à perdre les hommes, voilèrent le bon sens de ce peuple sain et bienheureux. Ils commencèrent par semer la discorde et à diviser les hommes en clans. Puis, ils introduisirent dans leur esprit les notions de courage, d'honneur et d'objectifs : il fallait chercher le feu sacré qui brûle sur les cimes des montagnes. Un jour, à l'aube, les hommes s'en allèrent vers les montagnes et entreprirent l'escalade. A mi-chemin, les Apus les arrêtèrent : des centaines de pumas jaillirent des cavernes et dévorèrent tous ceux qui avaient eu l'audace de désobéir aux ordres sacrés. Malgré les supplications des hommes, les Apus se révélèrent inflexibles. Voyant cela, Inti, le dieu du Soleil, se mit à pleurer ; et ses larmes étaient si abondantes qu'en 40 jours, elles inondèrent la vallée. Une seule femme et un seul homme survécurent au massacre des Apus ; quand le soleil se mit à nouveau à briller, ils voulurent revenir chez eux, et contemplèrent, abasourdis, le spectacle édifiant : un lac immense
recouvrait leur belle vallée paradisiaque. Les pumas s'étaient noyés et transformés en statues de pierre. Voilà pourquoi le lac s'appelle « Titicaca », le lac des pumas de pierre. !
Au bout d'1/2h de bateau, nous arrivons sur une partie des îles Uros. (droit d'entrée 5 soles en plus des 10 soles de bateau. Ces détails sont importants pour la suite).
Il s'agit d'extraordinaires îles flottantes fabriquées en roseaux légers (totora en espagnol) qui
poussent en abondance dans les bas-fond du lac. La vie des Uros est indissociable de ces plantes, en partie comestibles (le goût rappelle celui des cœurs de palmiers), qui servent aussi à réaliser leurs maisons, leurs bateaux et l'artisanat vendu aux touristes. Les îles se composent de nombreuses couches de totora, complétées en surface à mesure que les couches inférieures pourrissent ; le sol reste ainsi toujours souple et élastique. Effectivement, quand on saute, l'île bouge !
Notre bateau accoste et là, surprise ! Alors qu'on s'attendait à se balader tranquillement, sans guide, de manière autonome, un guide fait s'asseoir tous les voyageurs du bateau et commence à nous expliquer la vie sur ces îles, la faune, la flore etc... Inattendu mais agréable d'avoir un minimum d'explications.
Le problème, c'est que notre bateau est reparti, nous laissant au milieu des femmes Uros vendant leur artisanat. Ça sent la vente forcée ! On n'aime pas ça !
Les femmes se mettent à chanter un extrait de chanson dans toutes les langues. La version
française ? Alouette, gentille alouette. Très marrant mais très touristique. On sent que tout cela est répété, travaillé et aucunement spontané ! (derniere photo)
Puis, notre guide du jour nous fait monter à bord d'un magnifique bateau, une version élaborée des bateaux traditionnels en bottes de roseaux. Autre surprise : il faut payer ! (10 soles) Et on n'a pas le choix !
Nous arrivons donc sur une autre île où il n'y a que restaurants et boutiques artisanales. Rien d'autre à faire.
Tout ça ne nous plaît pas trop et on prend le 1er bateau à moteur pour rentrer à Puno.
En résumé, les îles Uros sont très intéressantes à observer. Le fait de marcher sur des couches de roseaux est assez stupéfiant. Malheureusement, ce qu'en ont fait les Péruviens laisse à désirer d'autant plus qu'on doute sur le fait qu'ils vivent encore réellement sur ses îles. Tellement surfait, trop touristique et du coup, ça revient cher (25 soles par personne!) pour ce que c'est.